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Rencontre avec José Gégot
De la station de la S.N.S.M. (Société Nationale de Sauvetage en Mer) de l’île de Batz, qui nous a fait visiter avec plaisir le canot de sauvetage « Pilote Trémintin 2 »

Comment fait-on pour descendre le canot de sauvetage ?
    Le plateau est placé sur un chariot. Le treuilliste actionne une manette avec un frein pour faire descendre le chariot. Comme la cale est en pente, le chariot descend. La cale doit faire 40 à 50 m. Quelque soit la marée, on peut le mettre à l’eau. Le bout de la cale ne découvre jamais.

Combien êtes-vous à travailler à la station de sauvetage ?
    L’équipage réglementaire, ce sont 7 personnes. Il y a un patron, un second patron, un mécanicien et 4 hommes d’équipage. Mais parfois, quand il y a une urgence, on peut partir à 5, voire à 4. Il y a un patron titulaire et sinon, nous sommes quatre habilités à prendre les commandes : Claude Dirou (le mécanicien), Guy Cabioch (le maire), Roger Créach (le patron en titre) et moi. Il y a toujours un de nous disponible. Les autres sont des matelots. On les appelle des canotiers. Il y a Jean-Pierre Dirou, Jean Diraison et Philippe Caroff (qui est le président de la station). Avec les suppléants, nous sommes 15 en tout.

Depuis combien de temps existe la station ?
    La nouvelle station existe depuis les années 50. Depuis, il y a eu deux bateaux.

Combien coûte un bateau ?
    Celui ci vaut 400 000 millions d’anciens francs (4 millions de nouveaux francs ou 610 000 €). C’est le prix du bateau et des moteurs uniquement. Tout l’appareillage (radar, etc.) est en plus.

Sur quel chantier a-t-il été construit ?
    Sur le chantier Sibiril à Carantec. Comme on a des subventions du Conseil Général, on est obligé de faire construire dans un chantier de la région (pour donner du travail aux gars du coin).

Est-ce qu’il y a beaucoup d’urgences ?
    Cela varie. Entre 10 et 15 sorties par an entre les sorties de sauvetage et les évacuations sanitaires. On fait aussi les évacuations sanitaires de nuit quand la mer est basse et que les vedettes sont à sec (par exemple pour un accouchement).

Plongez-vous pour attraper les gens ?
    S’il faut le faire, on le fait mais on n’est pas équipé pour. Quand il y a un noyé, on l’attrape avec le zodiac. Le dernier qu’on a repêché, on l’a attrapé par la porte. Il n’y a pas de plongeur dans l’équipage.

Quel âge a votre bateau ?
    Il a 6 ans.

Est-ce que vous avez beaucoup d’argent ?
    La station est autonome. On doit se débrouiller pour la faire marcher. On a des subventions de la mairie, mais on n’en a pas d’autres. Le Conseil Général et l’État nous aident quand il faut faire construire le bateau mais après on se débrouille tout seuls. La station gagne de l’argent en faisant des « manifestations », des dons, des adhésions et aussi en vendant des tee-shirts. Quand la caisse est vide, c’est la caisse centrale de Paris qui nous approvisionne. La seule chose que nous faisons payer quand nous intervenons, c’est le remorquage, sinon l’assistance est gratuite.

A quel âge avez-vous commencé ?
    Je suis à la S.N.S.M. depuis 1972. Cela fait 30 ans en tant qu’officiel. Avant j’étais bénévole. Tout l’équipage est de 1978 autrement.

Quel âge faut-il pour devenir sauveteur ?
    Il faut être majeur.

Avez-vous une formation de secouriste ?
    Ici, nous n’avons aucune formation. La station de Paris nous force à faire des stages comme pour les pompiers, mais quand on est vieux, c’est plus dur de se former. On a tous appris le métier sur le tas car on est tous marins-pêcheurs. Si on a un cas urgent, on appelle un hélicoptère.

Est-ce que vous repêchez beaucoup de morts ?
    L’an dernier, on en a repêché quatre. Cette année, on en a repêché un.

        Élise (GS), Pierre-Antoine (CP), Maureen (CE1), Maxime (CM1) et Romain (CM2)


La visite du « Pilote Trémintin 2 »

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    M. Gégot nous emmène à bord. Il nous montre le zodiac qui est à l’arrière du bateau et que l’on peut mettre à l’eau en descendant une porte. Le bateau a deux hélices, deux gouvernails et deux moteurs. A bord il y a deux manettes pour commander le bateau, une pour chaque moteur. Il y a aussi un compas qui sert « à suivre une route ». C’est lui qui donne la direction au bateau. Trois radios VHF servent à communiquer avec les autres bateaux, avec le sémaphore et le CROSS Corsen (c’est le centre régional d’opérations de sauvetage et de surveillance en mer). Ce CROSS se trouve dans un petit village qui s’appelle Corsen, près de Ploudalmézeau, en face de l’île d’Ouessant. C’est là que se passent toutes les opérations de sauvetage. C’est le CROSS qui donne l’ordre d’appareiller. Le sémaphore, lui, prévient le CROSS s’il voit quelque chose en mer. Le CROSS nous prévient ensuite.
    Il y a aussi deux GPS. Ce sont des appareils de positionnement du bateau par satellite qui nous donnent la position instantanée du lieu où nous nous trouvons en mer. Ils sont précis à 10-15 mètres.
    Il y a deux radars, un petit et un grand. Le radar sert à voir ce qu’il y a tout autour du bateau. L’un a une portée de 20 miles (37 km) et l’autre de 45 miles (83 km). Le point sur l’écran montre s’il y a quelque chose à cette distance du bateau, quelque soit sa taille. L’antenne qui est sur le canot tourne ; si elle rencontre un objet métallique, il y a un écho qui se forme et qui nous revient. On le voit alors sur l’écran.
    Il y a aussi un radiogoniomètre. Une petite bille tourne. Si la radio d’un bateau parle, la bille s’arrête et on sait ainsi où il se trouve.
    Il y a un sondeur. C’est un peu comme un radar mais il indique ce qu’il y a sous l’eau. En outre, sur l’écran du lecteur de route., il y a une carte de l’île et l’on voit le bateau se déplacer. On sait toujours où on est.
    Le secteur d’intervention du « Pilote Trémintin 2 » va de Ploumanac’h (dans les côtes d’Armor) jusqu’à l’Aber Wrac’h. Sinon, il y a des petites stations comme Roscoff qui ont des petites vedettes, ou comme Santec qui a un zodiac…
    La puissance de chacun des moteurs est 380 chevaux. La vitesse du canot est de 20 nœuds (1 nœud = 1852 mètres par heure) ; ce qui nous donne une vitesse de 35 à 38 km/heure (comme une mobylette, à peu près).
    Enfin, le canot fait 15,42 m de long et 4,32 m de large pour 1,20 m de tirant d’eau à l’arrière.

        Élise (GS), Pierre-Antoine (CP), Maureen (CE1), Maxime (CM1) et Romain (CM2)


Qui était Yves Trémintin ?
Comme suite à ce dossier, nous vous proposons cette rétrospective sur le personnage qui a donné son nom au Canot de sauvetage de la S.N.S.M. (publié dans le Hors Série n°2)

    Né en février 1778, Yves Trémintin embarque à 14 ans comme mousse sur la frégate la Résolue. En 1797, il est fait prisonnier par les Anglais. En 1827, il est sur la corvette la Lamproie sous les ordres de Bisson.
    Pendant la guerre gréco-turque, sa corvette capture le brick Panayoti. Mais le brick est attaqué par des pirates. Les Français ne sont que quinze alors que les pirates sont plus de cent. Alors, le 4 novembre 1827, Bisson, qui s’est mis d’accord avec Trémintin, fait sauter le navire et meurt. Avant, il avait ordonné aux Français survivants de sauter à l’eau. Quatre marins seulement arrivent à gagner la terre et sont sauvés. Trémintin, gravement blessé à un pied par l’explosion, est l’un d’eux.
    Il est décoré de la Légion d’honneur par Charles X et devient « Aotrou Chevalier » (Monsieur le Chevalier) pour les îliens.
    Il meurt à l’île de Batz le 3 juin 1861.

      Romain (CM2)

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